Vous pensez tout savoir sur les infections sexuellement transmissibles ?
Dans cette chronique, je déconstruis 10 idées reçues 😉
Et en prime, un update en direct de La Plateforme Santé Sexuelle :
Rappel : un test de dépistage n’est vraiment fiable que lorsque la prise de sang a lieu au moins 6 semaines après le dernier rapport à risque !
Le sujet du jour n’est pas très fun… mais il nous concerne tou.te.s : il s’agit des IST (infections sexuellement transmissibles).
Pourquoi parle-t-on d’IST et non de MST (maladies sexuellement transmissibles) ?
Parce que les premières n’impliquent pas l’apparition de symptômes. On est d’abord infecté (IST), puis on déclare éventuellement – mais pas toujours – des symptômes (MST).
Qu’est-ce qu’une IST, quelles sont les IST les plus connues, les plus dangereuses, comment s’attrapent-elles, comment se protéger ? Vous pensez peut-être tout savoir ? Pourtant, la recherche et les découvertes évoluent sans cesse et il est important de se tenir au courant.
Site https://la-plateforme.be/fr/ (anciennement https://preventionsida.org/) => types d’IST, protections, dépistage, traitements, etc. et sur le site de La Plateforme en général, où toutes les IST majeures sont bien expliquées (chlamydia, HPV, gonorrhée, hépatites, syphilis, herpès génital, mycoses, HIV)
Je vous partage 10 idées reçues à déconstruire :
1. Les IST ne concernent que les jeunes.
Vraiment ? On entend parfois « à notre âge, on ne risque pas grand-chose »… détrompez-vous. Le risque existe à tous les âges, il suffit d’une fois.
2. Les IST concernent principalement les personnes LGBT.
Vous voulez un scoop : les microbes se fichent de votre orientation sexuelle ! Cette croyance vient sans doute du fait que les hommes gays ont été plus durement touchés par le VIH à son apparition, parce que la muqueuse anale est plus fragile que la muqueuse vaginale avec un plus grand risque de micro-fissures lors de la pénétration, par lesquelles les IST entrent dans l’organisme. Le sexe est aussi plus « facile », plus direct dans les milieux gays, mais ça ne concerne pas tout le monde et si on se protège, peu importe la fréquence.
3. On ne peut rien attraper tant qu’il n’y a pas pénétration.
Ce serait trop beau (façon de parler…). Dès qu’il y a contact avec les parties génitales ou les fluides issus de ces parties, il y a risque d’être infecté.
4. L’herpès bucal et l’herpès génital sont deux virus différents.
Il y a bien deux virus différents d’herpès, mais… l’herpès bucal peut tout à fait se transmettre au niveau génital, avec des conséquences très très désagréables (et ce n’est malheureusement pas rare) ! Et puis une fois qu’il est dans notre organisme, il y reste, symptômes ou pas.
5. Le préservatif suffit à se protéger.
Malheureusement, non. Certaines zones infectées et contaminantes ne sont parfois pas entièrement couvertes par le préservatif. Tout dépend du type d’IST. Pour une couverture plus étendue de la zone convoitée, utilisez un carré de latex (ou découpez un préservatif dans sa longueur et étalez-le).
6. Si on a eu un rapport sexuel à risque, on n’a plus qu’à attendre le test pour savoir si on a attrapé quelque chose.
Non. Il existe un traitement à prendre dans les 48h après le rapport (mais le plus tôt, le mieux) et pendant un mois, qui permet de neutraliser le virus du VIH si on a été en contact avec lui. Cela s’appelle le traitement post-exposition (TPE). Ce traitement ne fonctionne pas pour les autres IST.
7. Les IST ne peuvent pas créer de cancer.
Eh si, malheureusement. Le HPV (Papillomavirus), pour lequel il existe un vaccin, peut créer des cancers de différents types : col de l’utérus, vagin, vulve, anus, pénis, bouche et gorge. Donc chez tous les genres biologiques…
8. Les personnes atteintes du VIH ont une faible espérance de vie.
Heureusement, c’est faux ! Les progrès de la médecine permettent aujourd’hui de vivre avec le VIH sans risquer d’en mourir, moyennant un traitement à vie. Il est même possible d’avoir des rapports non protégés et des enfants sans risque lorsque la charge virale est indétectable du fait du traitement.
9. Le VIH se transmet par les piqûres de certains moustiques.
C’est une légende (ouf). Il se transmet uniquement par le sang, le sperme, les sécrétions vaginales, le liquide séminal et le lait maternel. Une fellation ou un cunnilingus sont donc bien des pratiques à risque…
10. On attrape forcément le VIH si l’on a des rapports non protégés avec une personne atteinte du VIH ?
Non. Il existe un traitement préventif appelé la PrEP (Pré Exposition Prophylaxie (mesures à prendre pour prévenir les maladies) qui peut être prescrit à des personnes qui répondent à certains critères, notamment le fait de vivre avec un.e partenaire atteint.e du VIH et dont la charge virale n’est pas indétectable. Il faut savoir que nombre de personnes séropositives sous traitement ont une charge virale INDETECTABLE. Qu’est-ce que ça signifie, concrètement ? Que ces personnes ne présentent pas un risque pour autrui car elles ne sont PAS vectrices du virus. Attention, n’oublions pas que même si on n’en meurt plus systématiquement, le VIH reste un virus que personne n’a envie d’attraper, et un traitement à vie, c’est contraignant.
Que vous vous protégiez ou non, l’essentiel est de connaître les risques que vous pouvez courir et faire courir aux autres, et d’agir de manière responsable. Grave ou non, une MST, c’est toujours extrêmement désagréable… et ça n’arrive pas qu’aux autres. Continuez donc à bien vous protéger et à vous faire tester régulièrement (résultat sous 6 semaines) si vous n’êtes pas dans une relation exclusive !
N’hésitez pas à parcourir le quiz de La Plateforme pour vérifier vos connaissances !

Un questionnement ou un problème sexuel ? N’hésitez pas à consulter une sexologue ! Rendez-vous à Bruxelles ou par vidéo ![]()
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