Double standard : pourquoi la société juge les femmes

Qu’est-ce que c’est, une fille facile ? Pourquoi est-ce une insulte ? Quelle est la différence entre fille facile et femme libre ou libérée ?

Ce sont les croyances populaires autour de ces notions que je remets en question aujourd’hui. Parce que quand on y réfléchit un peu, elles n’ont aucun sens.

Comment pourrait-on définir une fille facile ?

On ne peut pas vraiment définir ce que c’est, parce que chacun.e a sa vision. Toutefois, la croyance la plus répandue, c’est qu’une fille facile, c’est une fille qui couche avec tout le monde et pour de « mauvaises » raisons. « Se la taper » ne demande aucun effort, il suffit d’être d’accord et hop, c’est dans la poche. Elles ne sont pas respectées (contrairement aux garçons, je le rappelle, puisqu’alors on les voit comme des séducteurs et que ça, c’est bien vu !). Pourtant, la plupart du temps, les personnes qui couchent avec des « filles faciles » sont bien contentes d’avoir pu le faire.

Qui sont les filles faciles ?

Les « filles faciles », cela peut être des filles qui aiment le jeu, la séduction, elles voient l’amant.e en vous, elles savent comment prendre du plaisir et vous en donner, parce qu’elles sont généreuses. Elles sont souvent sensibles à d’autres formes de beauté que les standards. Elles sont parfois fragiles malgré tout, avec un coeur d’artichaud, un grand besoin d’amour et de reconnaissance, qu’elles trouvent où cela leur parle. Certaines, au contraire, semblent sûres d’elles, de leur sex-appeal, de leur potentiel de jouissance, elles sont bien dans leur peau et ont envie de le partager !

Que ne sont-elles pas ? Elles ne sont pas puritaines, elles n’ont pas peur de perdre quelque chose de précieux en s’offrant, parce que s’offrir, c’est un choix. Elles ne résistent pas par pur principe, ne se considèrent pas comme un trophée qu’il faut gagner après une longue lutte pour pouvoir le brandir, elles n’ont pas honte de leur corps ni de leurs désirs.

Ca, c’est pour les filles qui aiment les jeux de séduction. Mais derrière « fille facile », il y a aussi les milliers de filles qui n’ont rien demandé à personne, qui ne couchent avec personne, mais qu’on harcèle pour une raison X ou Y en les faisant passer pour ce qu’elles ne sont pas. A titre d’exemple, une fille qui a refusé de coucher avec un garçon et dont le garçon en question, dont l’égo ne se remet pas, veut se venger en faisant courir le bruit que ladite fille est « facile ».

Fille facile, c’est quand-même une fameuse insulte !

En effet. Mais qui sommes-nous pour juger ces filles qui, effectivement, aiment la séduction et le sexe ? Pourquoi les juge-t-on ? En quoi leur comportement nous dérange-t-il, finalement ? Parce qu’on leur envie leur liberté de corps ? Leur ouverture d’esprit ? Parce qu’elles s’accordent des choses que nous ne nous permettons pas mais que nous rêverions de nous permettre ? Parce que nous craignons qu’elles ne nous prennent ce que nous convoitons ? Parce qu’elles ne respectent pas les règles de la prétendue bienséance ? Ah oui, la bienséance… qui a décidé de ce qui en est ou pas, déjà ?
Finalement, qu’y a-t-il derrière tout ça ? De l’égo, de la jalousie, de la peur, des a priori… et d’autres choses pas très reluisantes encore…

Et quid de la femme libre ?

Ce qui est surprenant, c’est de voir à quel point une femme qui résiste peu est mal vue dans sa jeunesse, tandis qu’avec les années, elle devient une « femme libre ». Et être une femme libre, pour le coup, ça c’est cool. Si on reprend la tirade sur les filles faciles en pensant « femme libre », finalement, où sont les différences ?

Dans la croyance populaire (toujours la même), la femme libre est souvent un peu admirée et enviée des autres femmes, parce qu’elle s’affranchit du jugement, elle a une forme de pouvoir sur les hommes et elle le vit très bien. Elle fait fantasmer les hommes parce qu’elle a de l’expérience et qu’elle aime la sensualité. On considère qu’elle choisit ses amants – et/ou ses amantes, qu’elle n’a pas de tabou (ça existe, des gens qui n’ont pas de tabou ?), qu’elle est maîtresse de sa vie et de ses amours. On considère aussi qu’elle peut se passer des hommes, et ça leur fait peur ou lui donne au contraire une fameuse aura d’inaccessibilité (la séduire devient donc un défi !). Coucher avec une femme libre, ça revient à valoir le détour, à être choisi.e parmi toute une masse de prétendant.e.s, c’est flatteur. Combien de femmes encombrées par les convenances n’ont jamais rêvé d’une vie de femme libre ?

Mais une femme libre, cela peut aussi être une femme jalousée. Elle n’est pas toujours admirée des femmes, qui peuvent la craindre, la voir comme une rivale. Parce qu’elle fascine, parce qu’elle sait séduire, parce qu’elle fait ce qu’elle veut. Parce qu’elle rayonne.

Pour conclure, avant de traiter une femme de « fille facile », posez-vous les bonnes questions, et n’oubliez pas que les mots que vous employez parlent surtout de vous, de vos peurs, et peut-être parfois d’une vision des choses un peu étriquée qu’il serait bon d’ouvrir 😊

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Publié dansCorps, Désir, education, Estime de soi, Fantasmes, Féminité, Pratiques, RelationsÉtiquettes :femme libérée, femme libre, fille facile, harcèlement, insulte

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