Le squirt : mythe ou réalité ? On me pose souvent la question…
Est-ce la même chose que les femmes fontaines ?
Oui. En termes de vocabulaire, je préfère en réalité parler d’émissions fontaine ou de « squirt » (du verbe squirter qui vient de l’anglais et qui signifie « jet ») plutôt que de femmes fontaine, parce que comme vous le savez maintenant si vous avez bien écouté mes chroniques précédentes, une personne qui a un vagin ne se considère pas nécessairement comme une femme. De plus, il y a des témoignages que des personnes qui ont un pénis peuvent aussi être « fontaine ». Ceci dit, je n’ai pas assez d’infos sur le phénomène fontaine chez ces dernières, donc je parlerai ici uniquement des personnes qui ont une vulve et un vagin.
Donc ça existe vraiment ?
Alors, le phénomène fontaine, et bien oui, ce n’est PAS un mythe, ça existe bel et bien, et ce n’est pas si rare que ça. Il faut savoir que ce phénomène n’a pas encore livré tous ses secrets et qu’il existe de nombreuses théories. Une chose toutefois sur laquelle tout le monde s’accorde, c’est qu’il s’agit d’un écoulement de liquide transparent et inodore pendant un rapport sexuel (au sens large), écoulement plus ou moins conséquent d’une personne à l’autre (ça va de quelques ml à quelques dizaines de ml – jusqu’à 150ml). Cet écoulement peut passer inaperçu (quelques gouttes), sortir en une fois ou en petits jets selon les contractions des muscles du périnée.
Est-ce que tout le monde peut squirter ?
En théorie, oui, toutes les personnes qui ont une vulve peuvent être fontaine. C’est une question de stimuler la bonne zone de la bonne manière. Mais dans la réalité, relativement peu d’entre elles y parviennent. Pourquoi ? Eh bien d’abord, il faut stimuler la bonne zone. Or, cette zone varie d’une personne à l’autre. Chaque personne a son mode de fonctionnement et le phénomène fontaine peut trouver son origine dans une stimulation interne ou externe de différentes zones. En général, les témoignages mentionnent la zone G en interne (zone située à quelques centimètres de l’entrée du vagin, sur la face externe du vagin – zone grumeleuse / striée), mais certaines personnes squirtent lors d’un cunnilingus par exemple. Ensuite, cela ne peut arriver que lorsqu’on lâche totalement prise.
Est-ce qu’on le sent arriver quand on va squirter ?
Ca dépend des personnes. Les témoignages parlent souvent d’un besoin d’uriner à un moment du rapport sexuel. Lorsqu’on a ce ressenti, on a tendance à se retenir par peur d’uriner sur notre partenaire. En réalité, c’est le phénomène fontaine qui se manifeste, on peut donc se laisser aller sans crainte : on n’urinera pas, mais il est probable qu’on squirte.
Est-ce qu’on a un orgasme quand on squirte ?
D’après les témoignages, souvent, mais pas toujours. C’est dans tous les cas lié à un grand lâcher-prise, donc beaucoup de plaisir (« la jouissance »), mais il n’y a pas nécessairement d’orgasme lié. L’orgasme et le squirt sont deux phénomènes distincts qui peuvent ou non survenir en simultané
Comment est perçu le phénomène fontaine dans la société ?
Autrefois, dans certaines cultures, celles qu’on appelait les « femmes fontaine » étaient considérées comme des êtres exceptionnels, voire des déesses. A l’Antiquité, avec Hypocrate, on considérait que c’était lié à la fécondité (et c’est toujours vu comme ça dans certaines cultures). Puis les choses ont changé et on a ensuite considéré que c’était exclusivement lié au plaisir féminin, mais le plaisir féminin étant tabou, ce n’était pas bien vu. Ensuite, il a fallu attendre le 20e siècle pour s’y réintéresser, et là on a considéré que c’était une forme d’incontinence ! Enfin, dans les années 2000, c’est devenu un phénomène accepté, mais il a fallu attendre 2015 pour que des recherches plus avancées soient menées : qu’est-ce que ça contient, par quoi c’est produit, comment ? Est-ce de l’urine ou pas ? Aujourd’hui, il existe aussi des cultures, au Rwanda par exemple, où les hommes se transmettent la technique pour rendre leur femme fontaine. Pouvoir produire ce phénomène est une marque de virilité. Il existe à ce propos un très beau documentaire : l’eau sacrée.
Et chez nous ?
Dans nos pays occidentaux, c’est encore très tabou et mal connu. Beaucoup de femmes sont gênées quand cela leur arrive, d’autant que souvent, c’est inattendu. La méconnaissance du phénomène crée beaucoup d’inconfort, ça peut arriver au mauvais endroit (lorsqu’on fait l’amour hors du lit, sur un canapé par exemple) ou obliger à changer les draps pour pouvoir dormir… Chez les hommes, et en particulier ceux qui regardent du porno, ce phénomène est souvent considéré comme un mythe. Et lorsqu’ils sont en présence d’une femme fontaine, ils sont souvent surpris et très fiers d’avoir déclenché cela (alors que, rappelons-le, le plaisir sexuel d’une personne relève surtout de sa propre responsabilité puisque si elle ne lâche pas prise, cela ne fonctionne pas). Ceci dit, ne pas déclencher le phénomène fontaine ne signifie PAS qu’on est un « mauvais coup », et ne pas être fontaine ne signifie PAS qu’on est coincée ou frigide ! Quoi qu’il en soit, l’idée n’est pas de réaliser une performance, mais d’apprendre à donner du plaisir et à en prendre en confiance, et si le phénomène se produit, de le vivre pleinement !

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